Petits essais en forme de notules

Malraux définit le lecteur par vocation comme celui qui jouit de «la faculté d'éprouver comme présents les chefs-d'oeuvre du passé»...



Je souscris à cette définition et m'attacherai à présenter ici quelques réflexions au fil de mes lectures qui suivent rarement l'actualité littéraire, pour le plaisir de partager découvertes ou, éventuellement, récriminations... . Quoique, la vie étant bien courte, il vaut mieux, dans la mesure du possible, écarter le désagréable lorsque cela, comme il arrive trop rarement, est en notre pouvoir et vouloir.






vendredi 27 avril 2012

Photo de la semaine (8) Le Jour de la Terre : 22 avril 2012 (b)



Comme je le disais dans mon précédent billet, les pancartes diversifiées que brandissaient les manifestants de dimanche créaient une sorte de télescopage de toutes les époques de l'histoire récente du Québec en rapport avec l'exploitation de nos ressources naturelles.

La plus éloquente est celle de  droite puisqu'elle montre le premier ministre actuel de la province en train de brader notre territoire pour le compte d'une célèbre maison de courtage immobilier très présente dans le paysage.

À gauche, les alpinistes de Greenpeace ont escaladé une façade pour aller tendre cet immense pastiche de la toile de Delacroix intitulée La Liberté guidant le peuple.  


Mais le message le plus éloquent, à tout le moins pour les gens, comme moi, plus âgés, est celui qui recouvrait un panneau de circulation.  Je l'ai placé au centre du montage.  Duplessis fut premier ministre du Québec de 1936 à 1939, puis de 1944 à 1959.  Synonyme de corruption, son gouvernement fut aussi marqué par la vente du minerai de fer à trois sous la tonne aux Américains.  Demander que Duplessis vienne nous sauver de Charest, c'est donc affirmer que le gouvernement de ce  dernier est pire que celui de Maurice Duplessis.  Accusation de taille.

La mort de Duplessis, en 1959, a été immédiatement suivie par la mise en branle de la Révolution tranquille qui a façonné le Québec moderne. Le gouvernement libéral entreprit, entre autres, la nationalisation de l'électricité, source d'énergie renouvelable abondante au Québec en raison de l'omniprésence des cours d'eau.  C'est le slogan : «Maîtres chez nous!» qu'utilisa Jean Lesage, premier ministre libéral, pour vendre l'idée de cette nationalisation qu'orchestra, entre autres, René Lévesque, premier ministre marquant dont le retour serait plus souhaitable que celui de Duplessis!


La rubrique «la photo de la semaine» a été lancée par Amartia


mercredi 25 avril 2012

Le Jour de la terre : 22 avril 2012 (a)



Printemps érable, cela vous rappelle quelque chose?

Certes, nous n'avons pas de dictateur à renverser, plutôt un charmant (!) clown dont les boutades mal venues ont traversé l'Atlantique à la vitesse de la lumière grâce à Youtube, mais tout de même : la grève estudiantine qui entre dans sa onzième semaine, la vente de nos ressources naturelles à des prix défiant toute concurrence,  les minières qui veulent exploiter les gaz de schiste sans tenir compte des retombées sur l'environnement, le retrait du Canada du protocole de Kyoto...

Il n'en fallait pas plus, la cour étant déjà pleine, pour que des artiste se mobilisent, avec à leur tête, le metteur en scène Dominic Champagne, et appellent à la plus grande manifestation que le Québec ait connu pour la Journée de la Terre dimanche dernier.  Et leur appel a été entendu! Plus de 250 000 personnes ont participé à ce rassemblement qui n'a guère été relayé par les médias puisqu'il est demeuré parfaitement pacifique...

Des Québécois de toutes les générations se sont donc retrouvés à la Place des spectacles pour se rendre ensuite au pied du Mont-Royal où ils ont formé un arbre gigantesque comme vous le verrez sur la vidéo que vous trouverez à cette adresse http://vimeo.com/40837456 Je vous conseille toutefois d'en couper le son lorsque vous la regarderez, car le bruit de l'hélicoptère qui a servi aux prises de vue n'est pas particulièrement harmonieux contrairement au rythme produit par les percussionnistes endiablés arborant la couleur de ce printemps : le rouge des étudiants contre la hausse!



Je ne dois pas être la seule à attendre les retombées de pareil évènement...

Le télescopage des diverses générations était particulièrement sensible à travers les pancartes que je vous présenterai en guise de photo de la semaine si je réussis à en faire un montage intéressant!



vendredi 20 avril 2012

Photo de la semaine (7) : Valpiana




Lorsque l'on est soi-même photographe, on passe rarement devant la caméra.


Ce n'est pas que je sois particulièrement égocentrique, mais, comme j'ai encore été un peu limitée dans mes déplacements à pied pour des raisons qui m'embêtent suffisamment, dans le quotidien, pour que je n'aie pas envie qu'elles envahissent mon blog, je vous offre, en guise de photo de la semaine, un très ancien portrait qu'a fait une amie devenue depuis photographe.


C'était dans les pré-Alpes bergamasques, à Valpiana pour être exacte, et je devais avoir vingt-deux ou vingt-trois ans.


Comme je l'ai signalé à Patrizia en lui montrant cette photo qu'elle avait depuis oubliée, elle avait déjà l'art de saisir l'essence d'un personnage.


Si vous avez envie de feuilleter quelques-uns des albums de Patrizia Genovesi, vous pouvez vous rendre sur le site suivant : http://controcanto.wordpress.com/

J'oubliais presque d'indiquer qu'Amartia est à l'origine de cette initiative...



vendredi 13 avril 2012

Photo de la semaine (6) : ma marmotte!!!

Ennemie publique numéro 1


Photo sans beaucoup de panache; petite bête sympathique, sans plus...

Détrompez-vous : C'EST UNE HORREUR!!!

Vous savez que j'aime assez les animaux et que je suis même prête à beaucoup de sacrifices pour rendre agréables les dernières années de mon grand chien...

mais ELLE!!! je l'assommerais, je l'écartèlerais, puis je la ferais rôtir à la broche!

ELLE a :

1) percé le tuyau que mon père avait installé autour de la maison pour ne pas que l'on ait trop de kilomètres à faire avec les arrosoirs;

2) failli me faire mourir de peur alors qu'elle se prélassait sur MA galerie arrière sans vergogne et m'a montré les dents lorsque j'ai simplement voulu rentrer chez moi;

3) taquiné mon grand chien qui aimerait tout autant que moi lui mettre la patte dessus;

4) creusé des trous, que dis-je, un labyrinthe sous mon épinette que je m'attends à voir s'enfoncer dans le sol d'un jour à l'autre....

Je l'HAÏÏÏÏÏÏÏÏÏÏÏS, prononcer, s'il-vousplaît, avec diphtongue à la québécoise!

C'était ma photo de la semaine...

sur une initiative d'Amartia...


lundi 9 avril 2012

Balade au jardin...




Vendredi matin, mes nièces, ma tante et moi avons vainement attendu Michelaise qui avait pourtant promis d'être là à neuf heures.  Après un quart d'heure d'attente, il a bien fallu se résoudre à partir, car, vendredi saint aidant, nous craignions abondance de la foule si nous tardions trop.

Cette année, le Jardin Botanique de Montréal a divisé l'espace papillonesque en deux : une serre pour les papillons de jour et une autre pour les papillons de nuit.  Entre les deux, le parcours dans les serres d'orchidées, de plantes comestibles, de cactus et de bonsaïs.

Il faut dire que notre Jardin botanique est assez étendu.  C'est le second en importance après les Jardins royaux de Kew à Londres.  Né quelques jours après ma mère, en 1931, il se retrouvera peut-être dans ma cour arrière lorsque je me déciderai enfin à déménager, car je ne pourrai jamais abandonner complètement la verdure.

Portion centrale du bâtiment d'accueil

Les années trente marquent l'apogée de l'art déco et le pavillon central qui recèle les aires d'accueil et de conseil reflète le style de cette période.  Mais je reviendrai une autre fois plus en détail à l'histoire du jardin, car, pour l'heure, nous voulons surtout nous aventurer à la chasse photographique des papillons.

J'ai transmis à mes nièces ma passion photographique et chacune y va donc de ses clichés à défaut de pouvoir apprivoiser la gent ailée! Car Audrey et encore plus Claudie se sont copieusement aspergées de parfum sucré et vêtues de couleurs voyantes dans l'espoir d'attirer quelques papillons qui les prendraient pour de gros fruits odoriférants!!! Les années se suivent et ne se ressemblent pas : lors de sa première visite, ma filleule avait hurlé de terreur lorsqu'un papillon avait eu l'outrecuidance de se poser sur son minois! Elle avait, faut-il le préciser, quelques années de moins!!!



Elles repartiront sans avoir eu la visite des papillons, mais avec de belles couleurs dans leur appareil et le désir de revenir l'an prochain.

Voici donc quelques-uns de ces spécimens dûment identifiés pour que Michelaise soit elle aussi attirée et ne nous fasse plus faux bond la prochaine année!

Morphos bleus (forêts tropicales d'Amérique du sud et d'Amérique centrale)

Actias selene ou papillon lune (il habite sur une bonne partie du continent asiatique)

Caligo Memnon ou papillon-chouette (originaire des forêts du Mexique ou de l'Amazone)
Papillon Lowi aussi appelé le grand Mormon jaune !

Idea Leuconoe ou grand planneur (papillon originaire des Philippines)




vendredi 6 avril 2012

Photo de la semaine (5) : Attacus atlas




Je vous reviens bientôt avec d'autres merveilles du jardin botanique de Montréal.

Pour l'heure, voici ce très beau papillon cobra (Attacus atlas ) qui vous souhaite un bon congé pascal!

P.S. Comme Françoise a été moins paresseuse que moi, regardez la très belle citation d'un passage de Lamartine qu'elle nous a offert sous l'entrée «autourdupuits» dans les commentaires...

Amartia nous a incitées à cette publication hebdomadaire!

vendredi 30 mars 2012

Photo de ... l'été dernier!!! Un peu de chaleur s'il-vous-plaît!

J'espère qu'Amartia ne me tiendra pas trop rigueur de déroger un peu au rendez-vous hebdomadaire, mais, avec le retour du froid hivernal qui sévit depuis le début de la semaine, je ressens impérativement le besoin de convoquer quelques souvenirs de chaleur pour lutter contre l'humidité qui pénètre les os malgré la laine et le feu qui pétille.

Le super Boubou livré directement du Cameroun pour ma pomme!


Les couleurs de ce feu me rappellent celles de mes élèves africaines arrivant l'été dernier sur le quai de la gare de Ste-Dorothée en riant, car elles s'étaient trompées!

«Comment? Vous êtes quatre et vous trouvez le moyen de rater votre arrêt? PPPFFFF! Franchement!»

Elles savent bien que c'est pour rigoler et que je ne suis pas vraiment fâchée...

Elles ont décidé, pour me remercier, de venir me préparer à la maison quelques plats de leur pays, Cameroun et Burundi.  La cuisine de ma mère est donc prise d'assaut et des odeurs inconnues s'en échappent bientôt.

«BEURK! ça sent le poisson pourri!»

«Mais non! c'est du poisson séché!»

Il est effectivement tout sec, leur poisson, mais il a encore les yeux et la queue! Ma mère qui ne pouvait voir la moindre nageoire sans tourner de l'oeil!

Ce poisson accompagne le riz, mais j'avoue que j'aurai une petite préférence pour le poulet aux bananes plantains cuites dans la grande friture.

Un peu de musique avec ça?

La température est chaude, la terrasse accueillante et les souvenirs fusent.  Je vais d'étonnement en étonnement.  On rit beaucoup, mais on est aussi saisies par les récits de celle qui s'est enfuie pour ne pas être anéantie...

Mais ce qui a été dit dans la chaleur et la confiance de l'amitié doit demeurer scellé au fond de la mémoire où cela ne sera pourtant jamais oublié.

Qu'un grand merci soit à nouveau adressé à Claire Vertu, Lydie Joëlle, Marguerite et Pauline pour venir encore aujourd'hui me réchauffer!