Petits essais en forme de notules

Malraux définit le lecteur par vocation comme celui qui jouit de «la faculté d'éprouver comme présents les chefs-d'oeuvre du passé»...



Je souscris à cette définition et m'attacherai à présenter ici quelques réflexions au fil de mes lectures qui suivent rarement l'actualité littéraire, pour le plaisir de partager découvertes ou, éventuellement, récriminations... . Quoique, la vie étant bien courte, il vaut mieux, dans la mesure du possible, écarter le désagréable lorsque cela, comme il arrive trop rarement, est en notre pouvoir et vouloir.






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vendredi 7 décembre 2012

Photo de la semaine (35) : crèche napolitaine


Un mauvais tour de rein m'ayant retenue à la maison ces derniers jours, je puise à nouveau dans mes archives photographiques pour être en mesure de participer à la photo de la semaine.

J'ai voulu ajouter mon grain de sel aux divers blogs qui s'intéressent aux scènes de nativité. Par contre, ce sont les personnages qui entourent le coeur de la crèche que je suis à même de vous montrer, car, bien qu'il soit possible de photographier les peintures sous tous les angles, le Metropolitan interdit de photographier le grand arbre de Noël qu'il dresse dans son hall depuis 1957 et la crèche napolitaine qui l'accompagne. C'est donc à la dérobée que j'ai fait ces quelques clichés, et je n'ai pu me trouver dans le bon angle pour photographier Marie, Jésus et Joseph. Vous devrez donc faire le voyage vous-même si vous voulez admirer ces personnages dans toute leur splendeur!


En regardant pour vous l'article consacré à cette crèche sur le site du Metropolitan, j'ai été touchée d'apprendre que c'était la donatrice des figurines, Loretta Hine Howard, qui assurait chaque année avec sa fille, Linn, la disposition des quelque deux cents personnages. Depuis la disparition de sa mère, Linn perpétue la tradition et c'est dorénavant sa propre fille qui vient l'aider.

Moins connus que les santons de Provence, les personnages de cette crèche reprennent un peu le même principe puisqu'aux  personnages obligés des scènes de nativité s'ajoutent  paysans et animaux.  Ces figurines datent du XVIIIe siècle et ont été fabriquées dans la région de Naples.



Cette dernière image n'est pas très réussie, mais je l'ai tout de même introduite pour vous donner une idée de la grandeur de l'arbre qui est décoré d'une cinquantaine d'anges s'ajoutant aux personnages de la crèche.

Retrouvez les autres participants à la chronique de la photo de la semaine sur le site d'Amartia.




samedi 6 octobre 2012

Photo de la semaine (27) : New York



Cette photo n'a malheureusement pas été prise cette semaine, car je n'ai guère eu l'occasion de lever le nez de mes copies.  C'est maintenant terminé... c'est-à-dire que nous venons de mettre un terme à la session Hiver-2012 et que nous devons officiellement commencer le 15 octobre, avec six semaines de retard, la session d'automne.  Comme la hausse des droits de scolarité a été annulée par le gouvernement de Pauline Marois, au risque de me faire lyncher par tous ces gens qui ont célébré la mise en mouvement de cette belle jeunesse, je pense, par devers moi, qu'il y a eu beaucoup de temps perdu.  Chez Proust, d'accord, mais pas dans ma vie...

Compte tenu des vicissitudes de mon existence palpitante, je me permets donc de vous présenter une photo montrant l'aigle américain en avant-plan, car, lorsque mes oreillers traînaient entre les copies au moment, par exemple, de la vaisselle, j'ai beaucoup entendu parler du premier débat qui s'est tenu, cette semaines, entre les deux candidats à la présidence américaine, Romney et Obama.

Difficile d'oublier que nous sommes les voisins de ce géant qui continue à occuper une place de choix dans nos actualités malgré les problèmes économiques des dernières années ou à cause d'eux.

Les grandes voyageuses que sont la plupart des blogueuses peuvent-elles reconnaître le bâtiment new-yorkais ici représenté?



Pour retrouver les autres participants, faites un petit détour par le site 

Un petit ajout spécialement pour Amartia :


À la faveur de la nuit, la pierre prend une couleur chaude tout à fait réjouissante.
C'était ma dernière soirée new-yorkaise et je ne voulais pas partir!

samedi 25 février 2012

Petit questionnaire d'AnnaLivia (1)

Moi qui parlais du questionnaire de Proust la semaine dernière...

Vous connaissez toutes le principe du tag sur les blogs.  Je l'ai, personnellement, découvert récemment.

Mon petit côté, mon grand côté rebelle devrais-je dire, s'oppose un tantinet à ce genre de chose.  Par contre, par déformation professionnelle, il m'est difficile de ne pas répondre à une question posée.  Je couperai donc la poire en deux et répondrai à l'invite d'AnnaLivia, mais sans relayer cette invitation à onze autres personnes.  J'espère que tu  ne m'en voudras pas.  Si d'aventure quelqu'un a envie de poursuivre cette chaîne, qu'il soit le bienvenu...


Mon tableau préféré :

Est-il possible de répondre à pareille question? il faudrait préciser le Musée, la ville, le genre aussi.  Sans compter le fait qu'ayant vu la plupart des tableaux sous forme de reproduction, puis-je avoir une idée juste de ce que j'aimerai au moment où je verrai l'original et ne dirai-je pas, comme le narrateur devant madame de Guermantes : «C'est cela? ce n'est que cela madame de Guermantes?» la particularité du travail de l'imagination, chez lui, l'amenant toutefois à se recomposer presque aussitôt une image mentale pour mieux dénier la réalité qu'il a sous les yeux, le tout s'appuyant, dans le cas précité, sur un simple sourire anonyme de la duchesse dans l'église de Combray.

Mais cela ne résout pas mon problème.  Disons que je choisirai un tableau auquel je vais toujours rendre visite lorsque je vais au Musée des Beaux-Arts de Montréal : le tableau d'Emmanuel de Witte.



Je commencerai, la semaine prochaine, une série sur les oeuvres du Musée des Beaux-Arts de Montréal, la grève estudiantine me permettant enfin d'avoir accès aux archives qui sont rarement ouvertes.  Il faudra toutefois un certain temps avant que je ne vous parle de ce peintre hollandais, car j'entends débuter par les tableaux d'artistes canadiens, moins bien représentés, me semble-t-il, dans les bases de données et dans les billets de nos spécialistes en peinture : Alba, Nathanaëlle et Tilia.

Disons, pour le moment, que le calme de cette scène, le jeu de lumière à la Vermeer, mais venant de la direction opposée à celle que l'on retrouve chez le peintre du petit pan de mur jaune, et la perspective qui nous invite à entrer pour écouter la joueuse d'épinette sont autant d'éléments de réjouissance pour l'oeil dans cette oeuvre qui s'intitule justement Intérieur avec une femme jouant de l'épinette.

Votre poète préféré :

Chère AnnaLivia, tu connais mon goût des méandres et des digressions pour les avoir subis en classe pendant toute une session.  Tu vois, je crois que j'aurai de la difficulté à répondre à cette question.  J'ai un handicap face à la poésie... Un peu comme les oeuvres pour piano qu'il me faut mémoriser pour vraiment les apprécier, je n'aime que les poèmes que je peux apprendre par coeur, ce qui réduit un tantinet mes lectures et découvertes dans le domaine, tu en conviendras.  Je pourrais contourner la difficulté en te disant que j'opterai plutôt pour un romancier qu'il ne me semble pas avoir besoin de nommer, mais je cesserai, pour une seconde, d'être mauvaise élève et je te dirai que, du côté québécois à tout le moins, je reviens souvent à quelques textes de St-Denys-Garneau et en particulier à celui-ci : 

Je ne suis pas bien du tout assis sur cette chaise
Et mon pire malaise est un fauteuil où l'on reste
Immanquablement je m'endors et j'y meurs.

Mais laissez-moi traverser le torrent sur les roches
Par bonds quitter cette chose pour celle-là
Je trouve l'équilibre impondérable entre les deux
C'est là sans appui que je me repose.

Certes, ce n'est pas l'économie des vers de Racine, tellement beaux dans leur sobriété. Ou la fulgurance d'un vers de René Char qui suffit à peupler une journée... il y a cependant, dans l'oeuvre de St-Denys-Garneau un mal-être qui fait écho à celui de sa génération de créateurs canadiens-français et, pour cela, je m'y retrouve.

Votre livre préféré : 

Je ne voudrais pas être redondante en citant à nouveau Proust.  J'hésite donc entre deux oeuvres : Les Thibault de Roger Martin du Gard et L'Ultime Alliance de Pierre Billon.



On ne se lasse pas de la lecture de Proust, pour mille et une raisons. J'en sélectionnerai une, la plus évidente peut-être : la richesse de l'expression.

Dans le cas de Martin du Gard et de Billon, ce sont surtout de superbes raconteurs d'histoires.  Ici, pas d'effets de toge, si je puis dire, le style disparaît devant le récit qu'on ne peut plus lâcher.

Une gourmandise qui vous fait plaisir : 

Je surprendrai Françoise à laquelle je rappelle, de temps en temps, mon végétarisme naissant, mais pas AnnaLivia qui m'a déjà invitée pour ce festin cannibale : une fois par an, je mange un vrai tartare de boeuf avec des frites! Je suis une adepte du cru, mais ce sont le plus souvent les poissons qui ont ma faveur, mais le tartare...MIAM!!!

Une ville où vous aimeriez vivre : 

J'espère que je ne serai pas bannie pour toujours et à jamais par mes copinautes comme dit Michelaise, mais j’avoue que, bien que je me languisse de Paris et que les vacances italiennes sont toujours bienvenues, j'élirai probablement plus volontiers domicile, parmi les villes que je connais s'entend, à New York!  Pour Central Park, pour la richesse des musées et pour la folie de cette ville survivante devenue plus aimable après septembre 2001.



Je prendrai encore une autre liberté avec les règles du jeu en vous revenant à un autre moment pour la suite... Sans rancune, AnnaLivia!

Bonne semaine!

P.S. Ma déformation pédagogique me souffle qu'il aurait peut-être été intéressant de savoir si qui est représenté sur la dernière mosaïque : 

sur la ligne du haut : l'Empire State Building pendant les vacances de Noël; Central Station; un détail du Balzac de Rodin; une des petites silhouettes ornant la station de métro Prince Street;

sur la ligne du bas : ma pomme devant Times Square; un détail d'une toile de Bruegel; le détail d'une des fresques du Chrysler Building; le portrait de Gertrude Stein par Picasso et, juste au-dessus, un détail d'une toile de Klimt.