À la suite de plusieurs commentaires de lecteurs, Norma, qui éprouve elle-même quelques difficultés avec la bande dessinée a fait des recherches pour nous expliquer ce qui occasionne cette désaffection à l'endroit du neuvième art.
Je vous invite donc à faire un petit détour par le billet de Norma !
Petits essais en forme de notules
Malraux définit le lecteur par vocation comme celui qui jouit de «la faculté d'éprouver comme présents les chefs-d'oeuvre du passé»...
Je souscris à cette définition et m'attacherai à présenter ici quelques réflexions au fil de mes lectures qui suivent rarement l'actualité littéraire, pour le plaisir de partager découvertes ou, éventuellement, récriminations... . Quoique, la vie étant bien courte, il vaut mieux, dans la mesure du possible, écarter le désagréable lorsque cela, comme il arrive trop rarement, est en notre pouvoir et vouloir.
Je souscris à cette définition et m'attacherai à présenter ici quelques réflexions au fil de mes lectures qui suivent rarement l'actualité littéraire, pour le plaisir de partager découvertes ou, éventuellement, récriminations... . Quoique, la vie étant bien courte, il vaut mieux, dans la mesure du possible, écarter le désagréable lorsque cela, comme il arrive trop rarement, est en notre pouvoir et vouloir.
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mardi 17 janvier 2012
dimanche 31 juillet 2011
Ma bibliothèque
Plus qu'un petit mois de vacances! Je sais, je sais : la plupart des gens n'ont que deux minuscules semaines de vacances, et je fais donc partie de l'infime minorité qui peut se prévaloir de plusieurs semaines, j'ose à peine dire plusieurs mois de vacances par an. Je rétorque toujours à cela qu'il ne faut pas envier les enseignants dont je fais partie pour cet avantage de leur profession, mais plutôt s'engager dans une lutte qui permettra à tous de bénéficier de congés plus substantiels dans leur profession respective.
Notons par ailleurs que ces longues vacances sont tout à fait bienvenues pour faire quelques lectures qui, durant l'année scolaire, sont toujours reléguées au second plan, le déchiffrage de copies toutes plus affriolantes les unes que les autres ( ! ) occupant l'essentiel de la pratique d'un professeur de littérature qui, paradoxe aidant, en vient à ne plus lire autre chose que les oeuvres dont il doit parler en classe.
Ces douces vacances, donc, m'ont amenée à faire une découverte dont j'aimerais vous entretenir : un petit logiciel en ligne qui permet de dresser un inventaire de vos découvertes ou possessions livresques et qui se nomme «My library thing». Oui, je sais, le titre est dans la langue de Shakespeare et, qui plus est, les utilisateurs sont en grande partie anglo-saxons. Il serait peut-être donc intéressant que certains, parmi vous, transmettent cette adresse à quelques locuteurs francophones de manière à ce qu'on perde cette impression qu'il n'y a de grands lecteurs qu'anglais ou américains...
Je sais encore, je sais beaucoup de choses aujourd'hui, qu'il vaut mieux ne pas trop se disperser entre diverses plateformes, mais j'avoue que j'ai vu dans cette base de données commentée plusieurs avantages, entre autres, celui de pouvoir y renvoyer ceux et celles qui me demandent des conseils de lecture. Je vais donc tenter de nourrir régulièrement «My Library» avec l'espoir d'y voir un jour inscrits les quelques milliers de livres que je possède et que j'ai lus au fil des décennies... malgré les copies!
Bonne lecture!
http://www.librarything.fr/home/mjdion
Notons par ailleurs que ces longues vacances sont tout à fait bienvenues pour faire quelques lectures qui, durant l'année scolaire, sont toujours reléguées au second plan, le déchiffrage de copies toutes plus affriolantes les unes que les autres ( ! ) occupant l'essentiel de la pratique d'un professeur de littérature qui, paradoxe aidant, en vient à ne plus lire autre chose que les oeuvres dont il doit parler en classe.
Ces douces vacances, donc, m'ont amenée à faire une découverte dont j'aimerais vous entretenir : un petit logiciel en ligne qui permet de dresser un inventaire de vos découvertes ou possessions livresques et qui se nomme «My library thing». Oui, je sais, le titre est dans la langue de Shakespeare et, qui plus est, les utilisateurs sont en grande partie anglo-saxons. Il serait peut-être donc intéressant que certains, parmi vous, transmettent cette adresse à quelques locuteurs francophones de manière à ce qu'on perde cette impression qu'il n'y a de grands lecteurs qu'anglais ou américains...
Je sais encore, je sais beaucoup de choses aujourd'hui, qu'il vaut mieux ne pas trop se disperser entre diverses plateformes, mais j'avoue que j'ai vu dans cette base de données commentée plusieurs avantages, entre autres, celui de pouvoir y renvoyer ceux et celles qui me demandent des conseils de lecture. Je vais donc tenter de nourrir régulièrement «My Library» avec l'espoir d'y voir un jour inscrits les quelques milliers de livres que je possède et que j'ai lus au fil des décennies... malgré les copies!
Bonne lecture!
http://www.librarything.fr/home/mjdion
lundi 4 juillet 2011
Une ânesse et son double...
Vous connaissez l'histoire de l'âne de Buridan? Pour ma part, je croyais qu'il était mort faute d'avoir pu choisir entre deux bottes de foin, mais, vérification faite, c'est plutôt entre son picotin d'avoine et son seau d'eau qu'il n'arrivait pas à se décider... Je préférais toutefois ma version, car elle servait mieux l'analogie que je voulais établir entre les bottes et les piles de livres, mais bon...
Car lorsqu'arrivent les grandes vacances et que les piles de copies ont enfin disparu de mon horizon pour quelques mois, au lieu de me plonger avec délices et convoitise dans la lecture de mes ouvrages favoris, j'hésite, je tergiverse, je commence, j'abandonne, je reprends, je tourne autour... Il y a la pile «littérature», la pile «Cégep», celle des essais...
-You bet! Je peux toujours essayer. Ma réussite serait pourtant davantage assurée si j'appliquais à ma condition de lectrice celle qui a rendu l'écriture de Sade possible.
-Plaît-il?
-Sade disait qu'il bénissait ses années d'incarcération, car, sans elles, il n'aurait probablement jamais rien écrit.
-C'est moins la claustration qui est requise que l'absence de sollicitations extérieures. N'est-ce pas d'ailleurs ce que soutient Hemingway au début du cinquième chapitre de cet ouvrage dont on vient de publier une version révisée : A moveable Feast?
-Oui. Il est très explicite : «The only thing that could spoil a day was people and if you could keep from making engagements, each day had no limits.»
-Pas très sociable sauf lorsqu'il a faim et qu'il s'invite chez Gertrude Stein pour les bons alcools et les gâteaux.
-Je pensais plus aux incitatifs qui viennent des médias. Par exemple, je suis en train de lire la dernière enquête de Brunetti, The Girl of his Dreams, et j'y prends un grand plaisir, car c'est un roman policier comme je les aime où la vie du héros, son entourage, les petits plats que prépare sa femme, Paola, occupent plus de place que les meurtres sanguinolents. Mais, patatras, au même moment paraît le nouveay Vargas, L'armée furieuse, et Vargas, c'est MA découverte dans le domaine policier ces dernières années et je suis donc tiraillée entre le désir de m'installer confortablement à Venise et celui de me précipiter sur L'armée furieuse!
-Deux policiers pour les sept semaines de vacances estivales encore en réserve, ce n'est pas la mer à boire!
-Mais non, mais, tu ne comprends rien!!! Il y a aussi les ouvrages de Colette que j'aimerais bien relire, puisqu'il faut toujours un Colette pour rafraîchir en temps de canicule. Et Nancy Huston... Depuis Dolce agonia, je l'ai un peu délaissée et Une adoration, Lignes de faille et L'espèce fabulatrice attendent patiemment mon bon vouloir. Sans compter Infrarouge que je ne possède pas encore...
-Tu ne lis que des auteurs féminins?
-Pas forcément, mais, comme les femmes produisent depuis moins longtemps, je peux vivre avec l'espoir de faire un jour le tour de ce corpus, parce que, pour les auteurs masculins, il faut remonter jusqu'à Homère... Misère! C'est vrai, je voulais lire les tragiques grecs aussi...
-Tu m'énerves!
- Je m'épuise moi-même, ce qui n'est pas la meilleure des idées : j'ai besoin de toute mon énergie pour commencer à entreprendre ne serait-ce que le début des permiers livres de mon programme de lecture!
-Sais-tu, je crois que je vais te laisser.
-Tu en as marre? Tu ne serais pas le premier. Déjà, à l'école secondaire, une condisciple m'avait offert un signet qui disait : «Rejette la soif des livres, si tu ne veux pas mourir en murmurant, mais véritablement apaisé.»
-Peut-être as-tu retenu la phrase de Marc-Aurèle, mais, pour la leçon...
Car lorsqu'arrivent les grandes vacances et que les piles de copies ont enfin disparu de mon horizon pour quelques mois, au lieu de me plonger avec délices et convoitise dans la lecture de mes ouvrages favoris, j'hésite, je tergiverse, je commence, j'abandonne, je reprends, je tourne autour... Il y a la pile «littérature», la pile «Cégep», celle des essais...
- Mais, justement, dans l'un de ces derniers, L'éloge de la lenteur,l'auteur soutient qu'au coeur de la philosophie de la lenteur se trouve le principe qu'il faut faire moins pour faire mieux... Ne pourrais-tu utiliser ce précepte, avec lequel tu es au demeurant assez d'accord, et l'appliquer à ta boulimie livresque?
-You bet! Je peux toujours essayer. Ma réussite serait pourtant davantage assurée si j'appliquais à ma condition de lectrice celle qui a rendu l'écriture de Sade possible.
-Plaît-il?
-Sade disait qu'il bénissait ses années d'incarcération, car, sans elles, il n'aurait probablement jamais rien écrit.
-Oui. Il est très explicite : «The only thing that could spoil a day was people and if you could keep from making engagements, each day had no limits.»
-Pas très sociable sauf lorsqu'il a faim et qu'il s'invite chez Gertrude Stein pour les bons alcools et les gâteaux.
-Je pensais plus aux incitatifs qui viennent des médias. Par exemple, je suis en train de lire la dernière enquête de Brunetti, The Girl of his Dreams, et j'y prends un grand plaisir, car c'est un roman policier comme je les aime où la vie du héros, son entourage, les petits plats que prépare sa femme, Paola, occupent plus de place que les meurtres sanguinolents. Mais, patatras, au même moment paraît le nouveay Vargas, L'armée furieuse, et Vargas, c'est MA découverte dans le domaine policier ces dernières années et je suis donc tiraillée entre le désir de m'installer confortablement à Venise et celui de me précipiter sur L'armée furieuse!
-Deux policiers pour les sept semaines de vacances estivales encore en réserve, ce n'est pas la mer à boire!
-Mais non, mais, tu ne comprends rien!!! Il y a aussi les ouvrages de Colette que j'aimerais bien relire, puisqu'il faut toujours un Colette pour rafraîchir en temps de canicule. Et Nancy Huston... Depuis Dolce agonia, je l'ai un peu délaissée et Une adoration, Lignes de faille et L'espèce fabulatrice attendent patiemment mon bon vouloir. Sans compter Infrarouge que je ne possède pas encore...
-Tu ne lis que des auteurs féminins?
-Pas forcément, mais, comme les femmes produisent depuis moins longtemps, je peux vivre avec l'espoir de faire un jour le tour de ce corpus, parce que, pour les auteurs masculins, il faut remonter jusqu'à Homère... Misère! C'est vrai, je voulais lire les tragiques grecs aussi...
-Tu m'énerves!
- Je m'épuise moi-même, ce qui n'est pas la meilleure des idées : j'ai besoin de toute mon énergie pour commencer à entreprendre ne serait-ce que le début des permiers livres de mon programme de lecture!
-Sais-tu, je crois que je vais te laisser.
-Tu en as marre? Tu ne serais pas le premier. Déjà, à l'école secondaire, une condisciple m'avait offert un signet qui disait : «Rejette la soif des livres, si tu ne veux pas mourir en murmurant, mais véritablement apaisé.»
-Peut-être as-tu retenu la phrase de Marc-Aurèle, mais, pour la leçon...
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