Petits essais en forme de notules

Malraux définit le lecteur par vocation comme celui qui jouit de «la faculté d'éprouver comme présents les chefs-d'oeuvre du passé»...



Je souscris à cette définition et m'attacherai à présenter ici quelques réflexions au fil de mes lectures qui suivent rarement l'actualité littéraire, pour le plaisir de partager découvertes ou, éventuellement, récriminations... . Quoique, la vie étant bien courte, il vaut mieux, dans la mesure du possible, écarter le désagréable lorsque cela, comme il arrive trop rarement, est en notre pouvoir et vouloir.






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vendredi 28 décembre 2012

Photo de la semaine (38) : l'abominable chien des neiges



Il y a eu tempête sur le Québec jeudi : presque 50 centimètres en quelques heures! Il a fallu pelleter l'aire de jeu de Honey Comb qui a surveillé le tout pendant un petit moment avec le résultat qu'elle a été transformée en bonhomme de neige. Elle a mis un bon moment à sécher une fois la chaleur du foyer retrouvée.

La maîtresse a cependant longuement continué à oeuvrer derrière la pelle, et n'a pas complètement terminé d'ailleurs, car il faudra bientôt déneigé le toit...

Je vous ajoute quelques clichés d'une petite virée montréalaise au lendemain de la tempête.

Quand un Québécois vous dira : «on n'est pas sorteux», vous comprendrez, dorénavant, qu'il laisse aussi entendre que ce n'est pas toujours facile de sortir!



Les trajets des autobus sont déviés comme l'indique le panneau temporaire ci-dessus...


Les voitures stationnent tant bien que mal lorsqu'elles ne sont pas coincées comme la camionnette blanche sur la photo...



... et les piétons circulent à leurs risques et périls en essayant de ne pas glisser! Petite parenthèse : c'est une extrémité de la rue McGill sur laquelle se trouve la sculpture à laquelle j'avais prêté toutes sortes de propos amusants au moment des élections françaises...

Enfin,  je disais récemment à Anne, qui nous proposait quelques frivolités vestimentaires dans son dernier billet, qu'en tant que Québécoise, je ne pouvais m'ainsi vêtir sans risquer de mourir de pneumonie!  Voici plutôt ce qu'il faut pour survivre et gravir les montagnes de neige comme celle qui se trouve derrière moi : 


J'avoue qu'en matière d'élégance, on peut repasser, mais pour être bien au chaud et ne pas attraper la mort, c'est aussi royal que le bleu de mon anorak!

Je vous reviendrai le premier janvier pour des voeux plus détaillés, mais pour ceux qui n'auront pas le temps de repasser, j'en profite pour vous souhaiter une très bonne année, de la santé avant toute chose et, comme on disait ici il n'y a pas encore si longtemps, le paradis à la fin de vos jours!

Amartia aussi se trouve en ce moment dans un pays dont certaines régions sont enneigées... rendez-vous sur son blog pour découvrir les participants de la photographie de la semaine.








lundi 7 mars 2011

Tempête du siècle

Le jardin enfoui en ce 7 mars
Mars est là depuis quelques jours. Je lis les blogs d'heureux résidents de la région parisienne ou de la  Champagne, qui décrivent les joies retrouvées du printemps.! Je lève le nez pour regarder par la fenêtre et je vois, poussés par le vent, les flocons qui ne cessent de s'accumuler.  Je veux tout de suite des vacances et un billet d'avion pour aller n'importe où, pourvu que je puisse porter des chaussures plutôt que des bottes et  un léger blouson sans plus. Sinon... je ressors ma formule préférée, héritée de ma mère : «Je vais me pendre avec un élastique!» et je passe à l'action.



Il y a quarante ans, ma réaction n'avait pas été tout à fait la même au moment de ce que nous appelons ici «la Tempête du siècle» : 47 centimètres de neige tombés en quelques heures qui s'ajoutaient aux 56 autres déjà au sol et que faisaient valser les vents en rafales.  Un Sahara de neige aux dunes de plus en plus élevées!


La neige permettait de rejoindre le toit
 Il faut ajouter qu'à neuf ans, on voit les choses d'un autre oeil : l'école fermée, pendant plusieurs jours qui plus est, le camping au sous-sol autour du poêle à bois dont les deux petits ronds servaient à préparer des repas chauds puisque les pannes d'électricité étaient généralisées, les soirées à la chandelle! C'était tout bonheur.

Ma mère ne montrait pas trop une inquiétude pourtant  bien légitime, car mon père était hospitalisé depuis quelques mois et elle était donc seule pour tenir le fort en ces circonstances exceptionnelles.

Rien ne fonctionnait plus puisque les routes n'étaient praticables qu'en motoneige ou à ski.  Et cette fameuse neige accumulée sur le toit le menaçait d'effondrement à cause du poids de cette masse blanche tombée en quelques heures à peine.

Nous avions reçu la consigne de ne rien dire à mon père au téléphone pour ne pas l'inquiéter.  Il devait pourtant bien se douter de quelque chose, ne serait-ce qu'à cause des fous rires dont nous ponctuions nos conversations...


 Toujours est-il que le secours nous vint de la grande ville : d'anciens élèves de ma mère, qui avait été institutrice à Montréal avant de se marier, partirent de Rosemont en motoneige pour venir déneiger la toiture.  Combien de temps mirent-ils pour arriver ìci avec ce moyen de transport? Je l'ai oublié et les personnes qui auraient pu s'en souvenir ne sont malheureusement plus là.


L'année 2008 aussi fut particulièrement enneigée. Il y eut très certainement plus de neige au sol qu'en 1971.  Mais pas en une seule fois.  Pas aussi rapidement non plus.  Et surtout, je n'avais plus du tout neuf ans...

P.S. La photographie de la motoneige provient d'un album mis en ligne sur le site Facebook du téléjournal de 18h dont voici le lien : http://www.facebook.com/tj18h