Petits essais en forme de notules

Malraux définit le lecteur par vocation comme celui qui jouit de «la faculté d'éprouver comme présents les chefs-d'oeuvre du passé»...



Je souscris à cette définition et m'attacherai à présenter ici quelques réflexions au fil de mes lectures qui suivent rarement l'actualité littéraire, pour le plaisir de partager découvertes ou, éventuellement, récriminations... . Quoique, la vie étant bien courte, il vaut mieux, dans la mesure du possible, écarter le désagréable lorsque cela, comme il arrive trop rarement, est en notre pouvoir et vouloir.






samedi 6 avril 2013

Merci pour vos pensées... bientôt de retour



Bonjour,

Plusieurs d'entre vous prennent des nouvelles ici ou ailleurs.  Je voulais simplement vous dire que le vide laissé par mon grand chien est immense, mais, comme tout le monde n'a pas un rapport privilégié aux animaux semblable à celui que j'ai depuis l'enfance, je ne veux exaspérer personne en m'appesantissant sur un deuil dont la dimension pourrait sembler excessive à certains.

La nécessité de reprendre bientôt les cours m'obligera à revenir au réel d'étudiants qui doivent terminer leur année scolaire correctement, et j'espère donc vous revenir bientôt avec l'esprit légèrement plus disponible qu'il ne l'est en ce moment.

Portez-vous bien de ce côté-ci ou de l'autre de la grande mare.

Marie-Josée

mercredi 20 mars 2013

Honey n'est plus

S'il-vous-plaît, ne m'envoyez plus de messages d'encouragement : Honey s'est éteinte ce matin dans mes bras.

Je vous remercie et vous reviendrai je ne sais trop quand.

Marie-Josée désormais sans Honey

22 mars

Nous vous remercions de votre passage et de vos commentaires.

Une petite chose à ajouter : Honey a eu une mort très douce, dans mes bras, dans la chambre où elle avait l'habitude de dormir une partie de la nuit avec moi, car c'était une noctambule qui aimait bien les promenades nocturnes.  Entendre ses pattes traîner sur le linoléum me rassurait.

Le vétérinaire venu à la maison de même que son assistante qui était une amie de longue date de Honey ont été très respectueux.

J'aimerais bien avoir un jour une mort aussi douce, mais ce ne sera pas complètement possible, car mon grand chien ne sera pas là pour m'assister...

Bonne fin de semaine chez vous

La toute dernière photo de Honey

Samedi 23 mars 2013

Je vous remercie toutes de votre passage et de vos mots de soutien.  Vous me pardonnerez, contre mon habitude, de ne pas vous répondre individuellement : dans l'après-coup, la fatigue que j'ai fait taire tout au long des jours de soins, se manifeste.

Au plaisir de vous reparler bientôt ici ou chez vous...

vendredi 15 mars 2013

Honey




Aujourd'hui, Honey a quatorze ans, ce qui lui fait 88 ans en âge humain, car c'est un chien de grande taille, plus de 30 Kilos!

Pensez un petit peu à elle et à sa maîtresse, car elle est hospitalisée depuis hier pour un syndrome vestibulaire, une sorte de labyrinthite canine.  Cela l'empêche de se tenir debout, car elle est toujours étourdie, et elle refuse aussi de manger.

Le grand chien et la maîtresse sont donc bien malheureux!  Pensez un petit peu à nous pour que vos énergies positives nous aident à traverser ce mauvais moment : je ne suis pas prête à laisser partir mon grand chien déjà, et elle a encore de bons moment  à passer avec moi pendant l'été qui finira bien par venir, non? et pour nous deux...

P. S. Vos commentaires ou petits mots d'encouragement sont bienvenus, mais je ne suis pas certaine de pouvoir y répondre, contrairement, comme vous le savez, à mon habitude...

À bientôt

Marie-Josée et Honey

Mise à jour samedi matin


J'ai ramené Honey avec moi à la maison : comme c'est un chien de bonne race, elle ne mange qu'en  compagnie de sa maîtresse!

Les jours à venir sont cruciaux, car elle doit se remettre à marcher de façon autonome, la maîtresse ayant grossi de partout ces dernières années, sauf des biceps.

Nous faisons toutes les deux beaucoup d'efforts. Nous vous remercions de vos mots d'encouragement, car nous en avons besoin.

Bonne fin de semaine chez vous

Marie-Josée et Honey

Mise à jour dimanche matin


Pour Honey, ce n'est pas le bain de minuit, mais le bain de salon... Pas mal, non?


Puis la sieste bien méritée...



Bon dimanche chez vous... la maîtresse aussi a besoin d'une petite sieste...

Marie-Josée et Honey



vendredi 8 mars 2013

Photo de la semaine (45) : devinettes...



Voici un autre exemple de ma série «narcissisme domestique» répondant aussi à un ancien désir exprimé par Alba qui aurait aimé que l'on présente l'endroit où l'on rêve ou travaille...

Il y a toutefois quelque chose d'inusité dans cette photographie... quelque chose que j’espérais depuis longtemps.

Saurez-vous découvrir ce que c'est?

Et pour ne pas donner dans le nombrilisme intégral qui finirait pas être lassant, voici une énigme un peu plus «intellectuelle» : ci-dessous, une toile d'un peintre canadien dont les initiales sont aussi celles d'une grande poétesse et romancière d'ici qui a toutefois choisi de passer presque toute sa vie à Paris. Elle fut d'ailleurs publiée par le Seuil. Ces deux artistes ont également le nom de famille en commun, mais je ne crois pas qu'ils appartiennent à la même lignée sinon par un lointain ancêtre. Son cousin à elle était également poète, mais un poète dont le mal-être physique et moral se traduisit par une mort prématurée.

Voici donc tout d'abord la peinture. Elle représente l'angle de deux rues montréalaises et a été exécutée vers 1948, année qui vit naître le Manifeste du Refus Global, mais ce peintre ne fut pas un des signataires...


Et voici, en prime -remarquez comme je suis bonne avec vous!- les quinze premiers vers du poème que je préfère du poète qui est le cousin de celle dont les initiales et le nom de famille sont les mêmes que le peintre recherché...

Moi ce n'est que pour vous aimer
Pour vous voir
Et pour aimer vous voir

Moi ça n'est pas pour vous parler 
ça n'est pas pour des échanges conversations
Ceci livré, cela retenu
Pour ces compromissions de nos dons


C'est pour savoir que vous êtes
Pour aimer que vous soyez

Moi ce n'est que pour vous aimer
Que je vous accueille
Dans la vallée spacieuse de mon recueillement
Où vous marchez seule et sans moi
Libre complètement


Alors, vous séchez?

P. S.  Je ne publie que les commentaires des personnes ne donnant pas la réponse pour le moment... Je fournirai la réponse aux deux devinettes et publierai tous les commentaires dimanche, en fin d'après-midi. Vous trouverez donc la réponse en début de semaine européenne! 


P. S. J'avais oublié d'insérer un lien vers la page d'Amartia qu'il ne faut pas oublier, pourtant, de remercier, car c'est une initiative qui demeure très réjouissante alors que j'atteindrai bientôt, avec parfois de petites entorses aux règles, une année de participation! Merci, donc, Amartia!

******

Voilà! l'heure de vérité a sonné! mais, comme j'ai passé la journée devant l'ordi poues mes cours et que mes poignets souffrent en silence depuis un petit moment, permettez-moi d'être un peu paresse et de vous renvoyer au commentaire de Nathanaëlle qui a parfaitement remonté le fil d'Ariane que je vous avais laissé.

Bravo, donc, Nathanaëlle, Mireille et Marie-Paule!

Christine, je te montrerai un autre jour où niche l'ordi, car je voulais refaire une photo aujourd'hui, mais, j'ai bien fait d'immortaliser le soleil qui n'a duré qu'une seule journée et qui était effectivement ce qu'il y avait d'inusité dans mon bureau.











vendredi 22 février 2013

Photo de la semaine (44) : Kesse-tu dis?

Pourquoi se cachent-elles ainsi? «Ma p'tite gueuse!» on ne se fait pas photographier en habits de semaine voyons!

Comme j'ai dû passer une partie de la semaine à pelleter et à valser avec la voiture sur les routes enneigées, il n'était a-b-s-o-l-u-m-e-n-t pas question que j'évoque ici les joies de l'hiver sinon par cette brève prétérition. Je me tourne donc vers un souvenir de l'été dernier en espérant faire sourire celles et ceux pour qui la semaine aura été difficile...

*******

Cela fait un bon demi-siècle que je les enquiquine et que je leur casse les oreilles quotidiennement; elles ont donc, ces dernières années, trouvé le moyen de résoudre une partie du problème : elles sont devenues sourdes!

Mais attention! Pas question de le leur dire, sinon, je me fais houspiller de belle façon!

«Attends, attends! Tu vas voir! Tu t'en viens de not'bord!»

Entendre que j'avance en âge et que je risque d'être affectée par des problèmes similaires aux leurs avant longtemps, ce dont je doute quand même un peu.  J'ai beau ne plus être une petite poulette du printemps, il me manque encore trois décennies, c'est-à-dire, 3 650 jours, 87 600 heures et 5 256 000 heures avant de les rejoindre. J'ai donc le temps d'entendre venir...

En attendant, lorsque je dis : 

«Ce soir, je mange des spaghetti.»

Je reçois comme réponse : 

«Tu veux des biscuits?»

Mais elles ne sont pas sourdes! Que nenni!

Alors, vous imaginez, l'été dernier, avec ma bronchite récalcitrante combinée à une extinction de voix?

Et, pour finir le plat, Honey aussi est sourde! Mais avec elle, je peux faire des signes ou frapper dans mes mains  sans qu'elle proteste vertement!  Avec mes tantes, si je parle d'implant cochléaire, c'est moi qui risque de me faire frapper!

Et, malgré tout, l'été commence à approcher même si cela ne se voit pas tellement aujourd'hui...

Et les ritournelles vont recommencer : 

«Appelle ma tante Huguette qu'a vienne souper!»

... et moi de crier à l'autre bout du champ et de m'entendre répondre : «Kesse-tu dis?»

... mais elles ne sont pas sourdes, surtout pas!

Vous n'avez pas compris : c'est moi qui ne parle pas assez fort!



Même si je déroge un peu aux règles de départ, je crois qu'Amartia me compte toujours parmi les participantes à la photo de la semaine.


vendredi 15 février 2013

Photo de la semaine (43) : abutilon ou érable de maison


Un petit brin de mimosa au parfum délicat est récemment arrivé chez moi par la voie des airs : merci à Norma!

Cet avant-goût du printemps, déjà plus qu'avancé en d'autres contrées, m'a ramenée vers mes propres plantules, en particulier celles qui forment un parasol de verdure au-dessus de la couche du grand chien.

Je savais que le nom commun était «érable de maison», mais je n'aurais jamais imaginé qu'il put s'appeler aussi «abutilon»... 

Je préfère « érable de maison».  «Abutilon», cela sonne comme une maladie de la peau; une variante de comédon.  Avouez que cela ne sied guère à la délicatesse de l'inflorescence ici déployée.

Je me tais et vous laisse admirer.






on retrouvera les autres participantes à la photo de la semaine chez Amartia...

P.S. Petit ajout pour Martine qui, comme moi, a pensé à l'érable du Japon. Celui que j'insère ici a été photographié dans la serre des bonsaïs du Jardin botanique de Montréal en avril 2011.


Le feuillage est très différent de celui de l'érable de maison...





vendredi 8 février 2013

Photo de la semaine (42) : comme Honey!



Je veux  hiberner comme Honey!

J'aurais pu vous mettre une xième photo de tempête de neige, car c'est ce que j'ai dans mes fenêtres en ce moment, mais j'ai eu peur de vous lasser. Imaginez : je vous lasse en vous montrant une image... que feriez-vous si vous deviez affronter le blizzard, le froid et les sempiternelles flocons au quotidien?

J'aimerais bien que l'on m'adopte comme Honey!

Cette photo a été prise peu de temps après son arrivée chez moi. Savait-elle qu'elle venait de gagner le «jack pot»? En tout cas, elle était moins exigeante que moi.  Pour ma part, je pose comme condition que «l'adopteur» potentiel habite le sud de la France ou l'Italie, quelque part aux alentours de Florence que je préfère, pour ma part, à Venise.

Quoi? Personne ne veut de moi? Je pourrais faire comme l'un de mes étudiants qui a récemment menacé de se suicider si je ne lui mettais pas les quatre points lui manquant pour obtenir la moyenne.  Comme je ne bronchais pas,  au courriel suivant, il a  subitement abandonné les pensées suicidaires pour évoquer le déshonneur de sa mère. 

Vous êtes aussi imperturbable que moi? alors...

Je vais hiberner comme Honey!

Allez, vous avez bien raison : car, en plus du lieu approprié à mes   os vieillissants, j'exige un portefeuille bien garni, car : JE NE VEUX PLUS ENSEIGNER!

- Marre des 58 fautes en 4 pages!

- Marre de l'élève qui me convoque à mon propre bureau, car MONSIEUR n'est pas satisfait de son 16/20 et veut contre-vérifier ma correction! M'a-t-on vraiment, mais vraiment bien regardée?

- Marre de la paranoïa galopante qui  propulse cette élève, à qui j'ai dit que je n'aimais pas Labiche,  chez mon responsable de département pour dire que je vais la couler à son oral!

Bon. Calmons-nous. Je crois en effet que j'empiète un peu sur les règles récemment mises en évidence par Michelaise au sujet des blogs :

«[...] bien vite, on [doit revenir] à un propos calibré qui respecte l'éthique implicite des blogs : pas de politique, pas de religion, le moins possible d'avis polémiques, une certaine discrétion, pas de méchanceté non plus ou de critiques qui pourraient être mal prises : après tout, on n'est pas là pour faire de la peine et comme ça reste sur la toile, on comprend bien vite qu'il vaut mieux garder pour soi les propos trop virulents.»

Dis, Michelaise, si j'ajoute un peu d'humour, tu me permets de m'adonner, même dans mon blog, à ce sport éminemment français : râler?

*****

Pourquoi je veux hiberner comme Honey...

Je dois par contre avouer que que j'éprouve aujourd'hui, nonobstant le désir que j'en ai, quelque difficulté à verser dans le comique intégral, car ce que j'observe autour de moi, en plus de la tempête de neige, m'effraie un peu.

J'avais sept ans en mai 1968. Est-ce à ce moment-là qu'a pris naissance cette lente, mais inexorable désagrégation de l'image du maître? Je ne sais trop. Je suis en tout cas aux premières loges pour constater sa progression depuis trois décennies que j'enseigne et, paradoxalement, elle semble rejoindre son paroxysme au moment où j'ai pourtant l'impression d'atteindre moi-même un niveau de maîtrise qui vient avec l'âge, l'expérience et le travail, lent et régulier, qui permettent seuls la constitution d'une culture essentielle à l'élaboration de la réflexion personnelle.

Qu'on me comprenne bien : je ne suis pas en train de me «péter les bretelles» pour utiliser une expression un peu triviale.  Je sens simplement une légère métamorphose dans ma façon d'aborder les choses, d'entreprendre la préparation d'un cours. Comme si j'étais arrivée à cet âge où l'on peut commencer à récolter ce que l'on a semé.  Je n'ai pas la prétention d'être originale ou transcendante, certes non! Je peux toutefois  poser un regard, adopter un biais qui est le mien pour présenter les choses.

Suis-je en train de m'écouter parler? Je ne crois pas... L'interrogation est réelle, pressante, car je suis confrontée de plus en plus souvent à ces élèves revendicateurs et suffisants qui n'ont vraiment aucun sens de ce qu'implique ne serait-ce que le code de déontologie de ma profession auquel je ne vois pas beaucoup de manquements autour de moi me semble-t-il...

J'utilise le «je» depuis tantôt, mais je suis loin d'être l'unique cible de ce phénomène.  Cette semaine, j'ai été atterrée par le terme utilisé par l'Association pour une solidarité syndicale étudiante, relayé par les médias : un ultimatum était posé au ministre de l'éducation qui devait absolument inscrire le thème de la gratuité scolaire au programme du Sommet des 25 et 26 février prochains, sans quoi cette association menaçait de se retirer des discussions portant sur l'avenir de l'enseignement supérieur au Québec.  L'arrogance froide du porte-parole m'a impressionnée...

Amalgame simpliste? peut-être... pourtant, je ne peux faire autrement que de voir une racine commune dans le comportement de certains de mes élèves et de ce nouveau porte-parole de l'ASSÉ :  cette attitude qui consiste à penser, qu'à vingt ans à peine, on possède la science infuse et qu'on peut s'ériger en juge de ce qui est correct dans un travail écrit, comme dans le monde de l'éducation.

J'ai, personnellement, une conviction tout autre : à vingt ans, on ne sait rien, et, plus on avance en âge, plus on s'aperçoit qu'il est immensément long d'acquérir un début de compétence et de connaissance dans un domaine restreint du savoir.  Je pense que je le savais déjà plus jeune...

*****

Je vous le dis : je veux hiberner comme Honey, je veux cultiver mon jardin comme Candide et je veux surtout, surtout, à défaut de pouvoir me retirer dès maintenant, exercer ma profession avec la tranquillité d'esprit qu'engendrerait un minimum de respect pour les compétences acquises au fil des ans.

Est-ce tellement demander?

*****

P. S. Petit ajout du samedi matin : je lisais le commentaire de Marie-Paule chez Aloïs... Elle y parlait de son devoir de réserve. Nous n'occupons pas exactement les mêmes fonctions, mais, en définitive, elle a probablement raison. J'ajouterai que, dans mon cas, j'ai suffisamment de désagréments à vivre les évènements évoqués plus haut sans en plus en parler...

J'entends donc me consacrer, désormais, à l'étalage (!) de ces connaissances que je prétends avoir acquises!  En souhaitant que vous y preniez plus de plaisir qu'à mes coups de gueule...

Vous retrouverez, chez Amartia, les autres copinautes qui participent à la photo de la semaine...