Petits essais en forme de notules

Malraux définit le lecteur par vocation comme celui qui jouit de «la faculté d'éprouver comme présents les chefs-d'oeuvre du passé»...



Je souscris à cette définition et m'attacherai à présenter ici quelques réflexions au fil de mes lectures qui suivent rarement l'actualité littéraire, pour le plaisir de partager découvertes ou, éventuellement, récriminations... . Quoique, la vie étant bien courte, il vaut mieux, dans la mesure du possible, écarter le désagréable lorsque cela, comme il arrive trop rarement, est en notre pouvoir et vouloir.






vendredi 24 août 2012

Photo de la semaine (21) : histoire de temps...



Loin de moi l'idée de relayer ici un quelconque message messianique, vous l'aurez compris...

Ce qui m'a ici retenue, c'est en fait la juxtaposition de l'homme dont la tête est une horloge et du mot «éternité» sur la pancarte du prosélyte...

Pour moi qui sors du temps long de la maladie où les journées et les nuits s'étiraient à l'infini, vides d'activités et d'obligations, la réflexion sur nos habitudes de «consommation du temps» s'impose.

Comment, en effet, conserver ces plages non fragmentées qui permettent, lorsque la santé revient un tant soit peu, des lectures lentes et profondes, sans être obligé de passer par l'étape de la maladie dont on ne sait jamais comment on ressortira?

Car les obligations de toutes sortes qui parcellisent le temps reviennent automatiquement avec le retrait de la maladie à moins d'avoir secrétaire, femme de ménage, chauffeur, etc. à qui il serait possible de déléguer ce qui encombre le quotidien...

La question est lancée...


L'initiative d'Amartia a engendré cette réflexion



vendredi 17 août 2012

Photo de la semaine (20) : bernaches du Canada



Elles passent tous les jours au-dessus de la maison, mais je ne réussis pas à capturer leur vol triangulaire... Il me faut donc me rendre à leur aire de repos, dans une anse de la rivière près de chez moi.

Même si je les vois une partie de  l'été, leur cri  symbolise pour moi l'approche de l'automne et donc de la rentrée... qui sera toutefois un peu différée pour moi cette année pour cause de voix érayée!

Peut-être aurai-je donc le temps de vous capturer quelques nouvelles images maintenant que je peux à nouveau circuler un peu mieux!


Cette rubrique a été imaginée par Amartia
Vous trouverez chez elle la liste des autres participants


samedi 4 août 2012

Photo de la semaine (19) : phlox...

Mes promenades étant encore limitées, j'aurais bien aimé faire, comme la dame d'Autour du puits, elle-même inspirée par le photographe Ahaé...mais, comme j'aime les maisons où il y a plus d'arbres que de maison


l'entreprise qui consisterait à photographier ce qui se présente devant ma croisée ouverte n'aboutirait qu'à une jolie flaque de verts disparates.

Aussi ai-je, clopin clopant, gagné le jardin de mes tantes



dont les phlox sont en ce moment superbes, surtout les roses que voici en guise de photo de la semaine :




On se rappellera qu'il s'agit là d'une initiative d'Amartia...



vendredi 27 juillet 2012

Photo de la semaine (18) : Bronchite estivale!

J'émerge, petit à petit, d'une mauvaise bronchite qui m'afflige depuis trois semaines.

J'espère donc être en mesure de reprendre ma place dans la blogosphère dans le courant de la semaine prochaine, tout autant pour vous lire que pour vous présenter un petit quelque chose de mon cru.

Comme j'ai pu le constater, en regardant tout de même de temps en temps mon écran, vous passez de bonnes vacances, entre montagnes, concert, stage photographique ou voyages divers.

J'ai donc hâte de pouvoir vous lire à nouveau sans qu'une quinte ne vienne m'interrompre toutes les trois minutes.

Portez-vous bien et à très bientôt



Je vous  joins tout de même une petite photo, pour honorer la proposition d'Amartia.  Cette image me rappelle un autre été, de bonne santé celui-là, consacré à une activité artisanale : le tissage.  Ici, c'est la phase de la fin de l'ourdissage qui est représenté...


P.S. L'ourdissoir, devant lequel je me trouve, permet de rassembler le fil des bobines sélectionnées pour former la chaîne d'un futur tissu; sur mon épaule, la tresse de ces fils que je suis   en train d'enlever avant de les enrouler sur le métier, puis de les passer dans les aiguilles et finalement dans le reau... Je n'ai pas trouvé ce terme que ma tante utilisait sur internet. On parle plutôt de battant... je ne sais pas si "reau" serait une sorte de traduction de "reed"...


vendredi 13 juillet 2012

Photo de la semaine (17) : petit poilu!


Je donne dans l'animalier ces temps-ci... la fréquentation des bêtes, c'est tout de même revigorant.

Voici donc le nouveau pensionnaire arrivé depuis peu chez mes tantes.  Il est, à vrai dire, en garde partagée entre mes tantes qui habitent à un jet de pierre et leur soeur, une autre, donc, de mes tantes, qui habite la maison familiale à, disons, un lancer de javelot par athlète olympique exceptionnel...

Dans la petite enclave d'un autre temps où nous habitons, circonscrite par un parc immobilier de plus en plus vorace, l'âge moyen est bien au-dessus des soixante-dix ans et c'est moi, ce qui est tout dire, qui fait baisser la moyenne!

L'arrivée d'une petite jeunesse poilue, crapaude et ratoureuse, met donc de la vie et du mouvement malgré la canicule qui devrait sévir jusqu'au milieu de la semaine prochaine.  

Même si la proposition d'Amartia proposait la présentation d'une photo hebdomadaire, vous me permettrez peut-être d'ajouter, ici, un passage de ma chère Colette auquel j'ai tout de suite songé en réfléchissant à mon billet d'aujourd'hui... Vous vous souvenez de ce chapitre intitulé pudiquement «Le rire»? C'est un des beaux chapitres du livre d'elle que je préfère : La Maison de Claudine.  Colette y raconte la réaction de sa mère à la mort du capitaine...

La dernière page décrit ce que nous avons probablement toutes vécu, l'âge aidant, puisque les deuils s'amoncellent au rythme des années : vous savez, lorsqu'on oublie, pour une première fois, que l'être vers lequel on avait l'habitude de se tourner pour la conversation, pour le compagnonnage des bons et des mauvais jours n'est plus... Notre intelligence a enregistré la disparition, nous avons même accompli toutes les tâches qui entourent cet évènement, mais nous ne l'avons pas encore vraiment accueilli en nous-même.  Je laisse la parole à Colette qui décrit cela mieux que moi et vous comprendrez  pourquoi j'ai associé ce passage à mon petit poilu...

Elle se leva brusquement, fit quelques pas vers une chambre vide et s'arrêta :

- Ah! c'est vrai...

Elle revint s'asseoir, avouant, d'un geste humble et simple, qu'elle venait, pour la première fois de la journée, d'oublier qu'il était mort.

-Veux-tu que je te donne à boire, maman? Tu ne voudrais pas te coucher?

-Eh non! Pourquoi? je ne suis pas malade!

Elle se rassit et commença d'apprendre la patience, en regardant sur le parquet, de la porte du salon à la porte de la chambre vide, un chemin poudreux, marqué par de gros souliers pesants.

Un petit chat entra, circonspect et naïf, un ordinaire et irrésistible chaton de quatre à cinq mois.  Il se jouait à lui-même une comédie majestueuse, mesurait son pas et portait la queue en cierge, à l'imitation des seigneurs matous.  Mais un saut périlleux en avant, que rien n'annonçait, le jeta séant par-dessus tête à nos pieds, où il prit peur de sa propre extravagance, se roula en turban, se mit debout sur ses pattes de derrière, dansa de biais, enfla le dos, se changea en toupie...

- Regarde-le, regarde-le, Minet-Chéri! Mon Dieu qu'il est drôle!

Et elle riait, ma mère en deuil, elle riait de son rire aigu de jeune fille et frappait dans ses mains devant le petit chat... Le souvenir fulgurant tarit cette cascade brillante, sécha dans les yeux de ma mère les larmes du rire.  Pourtant elle ne s'excusa pas d'avoir ri, ni ce jour-là, ni ceux qui suivirent, car elle nous fit cette grâce, ayant perdu celui qu'elle aimait d'amour, de demeurer parmi nous toute pareille à elle-même, acceptant sa douleur ainsi qu'elle eût accepté l'avènement d'une saisons lugubre et longue, mais recevant de toutes parts la bénédiction passagère de la joie, - elle vécut, balayée d'ombre et de lumière, courbée sous des tourmentes, résignée, changeante et généreuse, parée d'enfants, de fleurs et d'animaux comme un domaine nourricier.







vendredi 6 juillet 2012

Photo de la semaine (16)



Fait chaud par chez nous! aussi la maîtresse est-elle devenue préposée au ventilateur pour grand chien poilu!

Qui a dit que «mon pays, c'est l'hiver»...


Salutations à Amartia qui ne doit pas avoir froid non plus!


samedi 30 juin 2012

Photo de la semaine (15) : traverse de lapins!


Il y a une trentaine d'années maintenant, lors d'un premier voyage à Québec avec des amies, nous avions inauguré ou presque un petit resto sympathique, Le COCHON DINGUE, qui servait de plantureux petits déjeuners.

Il a depuis un petit frère : Le LAPIN SAUTÉ... et c'est pour signaler les abords de ce second restaurant qu'on a installé une traverse de lapins dans la rue la plus animée du quartier du Petit-Champlain... à Québec!




Salutations à Amartia!