Petits essais en forme de notules

Malraux définit le lecteur par vocation comme celui qui jouit de «la faculté d'éprouver comme présents les chefs-d'oeuvre du passé»...



Je souscris à cette définition et m'attacherai à présenter ici quelques réflexions au fil de mes lectures qui suivent rarement l'actualité littéraire, pour le plaisir de partager découvertes ou, éventuellement, récriminations... . Quoique, la vie étant bien courte, il vaut mieux, dans la mesure du possible, écarter le désagréable lorsque cela, comme il arrive trop rarement, est en notre pouvoir et vouloir.






samedi 16 novembre 2013

Photo de la semaine (60) : Mia la crapule...



Bonjour! Mon nom est Mia... enfin, je ne suis plus tout à fait certaine, car Marie-Josée me nomme parfois «crapule», parfois «crapaud plein d'puces, plein d'poux»; peut-être que je devrai m'habituer à ces nouvelles appellations.

Je suis en vacances chez elle pour deux jours et demi, car mon maître avait besoin de se reposer, je ne sais pas trop pourquoi... J'en profite pour débarrasser Marie-Josée des bouts de bois qui traînent sur son terrain qui est, soit dit entre nous, plutôt mal entretenu!

J'oubliais : Marie-Josée fait dire qu'elle vous donnera bientôt la réponse à l'énigme de la semaine dernière. Il paraît qu'elle n'a pas le temps en ce moment puisqu'elle doit s'occuper de moi. Je suis pourtant une petite bull terrier obéissante, enfin... généralement. J'ai toutefois la tête un peu dure, mais je crois que Marie-Josée me bat d'une longueur sur ce terrain. Il faut dire que c'est une «vieille chose» avec de l'expérience alors que moi, je suis une petite jeunesse d'à peine un an.

À tout bientôt donc. Je retourne gruger ce que je trouve comme le tronc du gardénia dans le bureau de Marie-Josée...



mardi 12 novembre 2013

Énigme nord-américaine?

Me revoici donc...

Pour faire bref, disons que l'année 2013 sera à marquer d'une pierre noire plutôt que blanche dans mon cas. Je n'épiloguerai pas : nous avons toutes notre lot d'épreuves...

Plus intéressant, une petite énigme qui réjouira certainement Nathanaëlle, mais, cette fois-ci, je me demande dans quelle mesure je n'épuiserai pas ses ressources de fin limier.

Car je crains que le phénomène ici évoqué soit plus nord-américain qu'européen... Nous verrons bien. Après tout, il y a chez vous des lectrices de romans américains et il y en a un qui m'est tout de suite venu à l'esprit en préparant mon énigme. Deux personnages principaux : un grand, plus ou moins intelligent, mais très sensible aux animaux, et un petit, plus malin...

Mais ma devinette repose surtout sur les images qui suivent : 






Excusez les pastilles de lumière : j'étais au Musée des Beaux-Arts dans l'une des expositions et je n'ai pu les éviter...

Ces quelques images sont associées à l'une des expositions présentement en cours et qui m'a réjouie vu mon grand amour du sujet dont j'ai d'ailleurs déjà parlé ici.

Vous en ai-je assez dit?  J'ajouterai un autre indice jeudi...

Amusez-vous bien ou pestez contre la revenante, à votre goût!

@ +

MJ


dimanche 3 novembre 2013

Bientôt de retour!

Quelques copinautes m'ont fait l'honneur de s'enquérir de ma santé... Disons que j'ai eu un passage à vide dont j'émerge lentement, mais sûrement.  Je devrais donc être en mesure de vous revenir le 8 ou le 15 novembre.

Patience, donc!

À tout bientôt

Marie-Josée

vendredi 6 septembre 2013

Photo de la semaine (59) : Girasole gira mondo



Voici la conclusion de mon billet précédent...

L'aventure des tournesols est maintenant presque terminée, mais elle a connu un dénouement intéressant dont j'aimerais vous faire part.

Il y a bien un quart de siècle maintenant, une petite Romaine est débarquée à Montréal, car le papa venait y passer quelques années comme responsable des équipes de réparations d'Allitalia, cette compagnie atterrissant alors encore à Montréal.

Alessia avait une douzaine d'années, ne parlait que l'italien, mais devait s'intégrer dans une école française le plus rapidement possible. Les Marcellines, religieuses milanaises établies à Montréal depuis le début des années soixante, acceptèrent donc de prendre Alessia et comme j'étais tout à la fois une ancienne de leur collège et une italophone confirmée donnant de surcroît des cours privés pour payer mes études, on imagine facilement ce qui s'ensuivit.  Venant plusieurs fois par semaine pour aider Alessia et ne dédaignant pas les «due spaghetti» offerts par la mamma, l'étudiante vieillissante de même que ses parents devinrent des amis et le sont restés.

Depuis ce temps lointain, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts du Tibre et du St-Laurent. Alessia est devenue enseignante à son tour, de sciences naturelles. Face de bouc, comme dit Tilia, ayant parfois son utilité, Ale a récemment vu la photo ci-dessus que j'y avais postée. Et de me demander s'il s'agissait d'une de mes photos et d'ajouter qu'elle aurait plaisir à l'utiliser en classe, car on y voyait très bien la parfaite géométrie de la fleur du tournesol et l'ouverture de chacune des petites capuches jaunes.

Je lui ai donc envoyé une série de photos qui ont servi à instruire de petits Romains de onze ans un matin de septembre de cette année!

Les réseaux sociaux, même si j'en fais un usage plus que modéré, ont donc parfois, comme n'importe quel instrument, une certaine utilité!

Retrouvez les autres participantes à la photo de la semaine chez Amartia


P. S. Un petit ajout pour Françoise qui n'aime pas les fleurs jaunes 

Une anémone du Japon qui fleurit aussi dans le jardin d'Aloïs



dimanche 25 août 2013

J'ai parfois l'esprit un peu pervers (b) : réponses

Voici donc la conclusion du diptyque que certaines ont prolongé en donnant leurs propres réponses aux questions posées dans leur commentaire.

Comme d'habitude, Nathanaëlle a brillé! Par contre, il faudra qu'elle m'explique comment elle a fait pour L'Ultime Alliance, car je n'ai pas souvenir d'en avoir parlé...

Le livre que je recommande le plus souvent à mes amis

Car, oui, Françoise, ce n'est pas Proust que je recommande, craignant de me faire lyncher ou traiter de cinglée. Il faut dire que je ne compte guère de littéraires parmi mes amis leur trouvant l'esprit trop tarabiscoté pour les fréquenter au quotidien; je les préfère dans les livres.




Proust, je me contente de l'imposer, à travers Combray, à une centaine d'étudiants par année, espérant ainsi que trois ou même quatre d'entre eux, les années les plus fastes, entreront à jamais dans ce monde qui les accompagnera tout au long de leur existence. Je me fais alors conspuer, autant par les étudiants que par les collègues, mais peu me chaut : élitiste je suis et n'ayant pas souvent l'occasion de l'être, j'entends faire lire Proust jusqu'à la fin de ma carrière. Ayant alors enseigné plus de trente ans, j'aurai formé environ cent lecteurs de Proust, ce qui est déjà bien.

Non, comme Nathanaëlle l'a deviné, l'ouvrage avec lequel je suis certaine d'avoir un succès absolu et incontesté, plutôt que de récolter jérémiades et anathèmes, c'est plutôt le livre de Billon, L'Ultime Alliance.  J'ai dû lire ce roman pour la première fois il y a une vingtaine d'années et je le relis périodiquement. C'est peut-être le chef-d'oeuvre de l'auteur qui a aussi publié L'enfant du cinquième nord et Le bâillement du diable. 

L'Ultime Alliance  a comme sous-texte La Montagne magique de Thomas Mann puisque l'action se déroule dans le même sanatorium et que le personnage principal, un jeune canadien du nom de Daniel, lit ce roman au moment où il séjourne en Suisse. J'en suis tout à fait
capable, mais je n'aime pas résumer les livres; je préfère vous dire : si votre curiosité est suffisamment piquée, lisez-le. Vous ferez alors la rencontre de la plus belle galerie de personnages qu'il m'ait été donné de fréquenter. Le tout sur fond d'expériences prenant en compte la réalité du monde cérébral. Fascinant je vous dis. Car Billon se tient toujours sur un fil très mince entre la réalité scientifique que, de toute évidence, il connaît, et la science-fiction qu'il produit par une simple extrapolation à partir de données qui ne sont pas encore vérifiées. Magistral quoique difficile à trouver en librairie.

La raison de mon dernier fou rire

Nathanaëlle a effectivement retrouvé la séquence. J'avais oublié toute la partie explicative qui précède pour isoler uniquement le moment de la lutte entre Doris Day et le robot-aspirateur.  Je ne me suis pas roulée par terre cette fois-ci, la souplesse, pour ce faire, manquant un peu, mais j'ai tout de même bien ri... Merci beaucoup! Peut-être faudrait-il entreprendre dès aujourd'hui une liste de nos fous rires, histoire de la regarder lorsque les jours se font gris...

Plaisirs d'hiver ou d'été

Apparemment, je me plains beaucoup sur ce blog, car mes tirades contre le pelletage ont marqué les esprits. Pourtant, je n'aime guère l'été non plus... La tonte de la pelouse prenant la place du pelletage. Je sais, Françoise : j'aurai de petits moutons lorsque je me déciderai à adopter un autre chien de Berger.

À vrai dire, j'aurais élargi cette question pour y adjoindre les autres saisons. Au Québec, seule la région de la péninsule gaspésienne qui 
s'avance assez loin dans le Saint-Laurent peut voir son climat tempérer par la présence de l'océan et encore. Les hivers y sont tout de même rigoureux tout comme dans les îles de la Madeleine, tout près de ce petit bout de France en terre d'Amérique : les îles de Saint-Pierre et Miquelon.



La péninsule gaspésienne qui se situe bien au nord de Montréal


La ville de Laval, où j'habite, est bien davantage à l'intérieur des terres. Le climat continental engendre donc des hivers rigoureux et des étés devenant caniculaires au moins pendant quelques semaines.

L'île de Laval par rapport à l'île de Montréal



C'est donc dire que ma saison préférée... c'est plutôt l'automne alors que les jardins, autant potagers que floraux, sont à leur apogée sans que les maringouins ne viennent en gâter la jouissance. Je vous épargne, pour le moment, une photo somptueuse de l'automne québécois, mais je ne dis pas que je vais me retenir jusqu'en octobre!

L'odeur qui me ramène en enfance

Ma madeleine à moi, c'est l'odeur de la dinde : ma mère, recevant à Noël, enfournait l'oiseau le soir du 24, car il était énorme!!! La maison était donc embaumée dès le réveillon, et cette odeur est peut-être ce qui me ramène le plus à cette époque que j'aimerais bien revivre, ne serait-ce que l'espace d'un rêve, autant pour la gourmandise que pour revoir ceux qui participaient au festin et qui s'en sont allés depuis bien des années déjà.

Voilà! Qui prendra le relais? Une ancienne ou une nouvelle retraitée?









vendredi 23 août 2013

Photo de la semaine (58) : tournesols (pour Josée)




La fête de Pâques, marquée, dans le monde chrétien, par la résurrection du Christ, s'est produite pour moi cette année peu après le décès de mon grand chien qui lui, n'est pas revenu, malgré mes appels pressants.

Une amie a toutefois voulu souligner la nécessité d'aller de l'avant en m'offrant, pour cette fête, une enveloppe de graines de tournesols :


Je suis sensible aux symboles et aux images, ce que cette amie sait fort bien : ses cartes «clins d’œil» m'arrivent toujours au moment opportun pour me remonter le moral ou éclairer une journée qui aurait été autrement  bien morne.

Le petit monsieur aux cheveux blancs et aux bras croisés de l'enveloppe m'a donc interpellée, et j'ai semé mes graines de tournesol à l'arrière du potager en me disant que les fleurs dépasseraient bientôt les plants de tomates.

Erreur.  J'ai dévolu au potager les nombreuses heures autrefois consacrées à Honey avec le résultat que les plants de tomates sont devenus aussi hauts que moi! Il m'a donc fallu attendre, et transporter des arrosoirs, et bichonner mes graines pour que quelques-unes survivent et que mes tournesols finissent enfin, alors que l'automne approche, par surplomberer les fameux plants de tomates!


Et, comme le montrait la toute première photo, ils sont de surcroît sur le point de fleurir!

Dans un livre pour les enfants, ce pourrait être une fable sur l'amitié qu'il faut cultiver, entretenir, parfois «désherber» pour qu'elle puisse grandir.

Pendant ces derniers mois qui ont été difficiles pour les raisons déjà évoquées ici, il est certain que les amitiés réelles ou virtuelles ont été autant de «soleils» qui ont ramené un peu de lumière sur une fin d'hiver et un printemps qui ont par ailleurs été le plus souvent très gris.

Que chacune en soit ici remerciée.


Il s'agit de ma participation à la photo de la semaine d'Amartia.




mardi 20 août 2013

J'ai parfois l'esprit un peu pervers (b) : questions

Voici donc la suite et la fin de mon «remodelage» du questionnaire de Marie-Paule, transmis par Nathanaëlle... Encore quatre questions auxquelles vous aurez, du moins je l'espère, plaisir à répondre...

Le livre que je recommande à mes amis :


Ce sera peut-être un peu trop simple si vous fréquentez mon blog depuis un moment aussi vais-je  exclure Gabrielle Roy, Jacques Poulin et Hergé.

a.  Colette, La maison de Claudine;
b.  Pierre Billon, L'Ultime Alliance;
c.  Jean-Jacques Pelletier, Les Gestionnaires de l'apocalypse;
d. Marcel Proust, Du côté de chez Swann.





La raison de mon dernier fou rire :


Ici, pas de choix multiples, mais plutôt un appel à vos propres souvenirs.  

Je ne suis guère sujette aux fous rires aussi me suis-je automatiquement rappelé une des rares fois où il m'est arrivé de me rouler par terre, dans ce cas-ci, au sens littéral du terme. 

Il faut dire que j'étais enfant et, dans les années soixante, la production télévisuelle québécoise étant davantage concentrée en fin d'après-midi ou en soirée, il y avait souvent des films américains l'après-midi avant les émissions de 16 heures pour les enfants.

 
J'ai donc conservé une vague image d'un couple mal assorti, Doris Day pour le personnage féminin, de cela je suis certaine, et peut-être Cary Grant pour le personnage masculin.  Installée dans une maison présentant déjà des prototypes futuristes associés à la domotique, Doris Day se fait poursuivre par un aspirateur autonome, genre robot. Ou j'étais très fatiguée, ou la scène est vraiment d'un cocasse insoutenable, car je n'ai jamais eu un pareil fou rire.

Avez-vous une idée du titre de ce film et, le cas échéant, était-ce l'âge qui a provoqué ce fou rire, la fatigue ou y avait-il vraiment matière à se «bidonner» de belle façon?



Plaisirs d'hiver ou d'été?



a. Hiver;
b. été.


L'odeur associée à l'enfance



a.  le feu de bois;
b.  la dinde;
c.  le feuillage des tomates;
d. la pâte à pizza maison.

P. S. Je ne veux «taguer» personne, comme on dit sur les blogs, mais j'ajouterai qu'étant curieuse, de cette curiosité qui naît de l'intérêt porté aux êtres, si quelqu'un veut prendre le relais, je lirai avec plaisir ses billets.

Car il existe, me semble-t-il, un moyen terme entre «le moi [...]haïssable»  de Pascal et l'hypertrophie du moi contemporain : ce moi témoigne d'une présence devenue tranquille au monde et porte sur ce dernier un regard par essence unique, mais éphémère.  




Les réponses seront publiées dimanche!