Petits essais en forme de notules

Malraux définit le lecteur par vocation comme celui qui jouit de «la faculté d'éprouver comme présents les chefs-d'oeuvre du passé»...



Je souscris à cette définition et m'attacherai à présenter ici quelques réflexions au fil de mes lectures qui suivent rarement l'actualité littéraire, pour le plaisir de partager découvertes ou, éventuellement, récriminations... . Quoique, la vie étant bien courte, il vaut mieux, dans la mesure du possible, écarter le désagréable lorsque cela, comme il arrive trop rarement, est en notre pouvoir et vouloir.






samedi 5 mai 2012

Photo de la semaine (9) : fleur mystère...



Voilà quelques plans rapprochés de la petite fleur... Colette était beaucoup mieux renseignée que moi en matière de flore, j'ai donc dû consulter quelques vieux grimoires pour trouver le nom de cette fleur sauvage d'où mon retard pour la photo de la semaine...

Il s'agit du gléchome lierre-terrestre, aussi appelé cataire, qui appartient à l'envahissante famille de la menthe. Il peut d'ailleurs être préparé en infusion... s'il n'avoisine pas trop la route, ajouterai-je, comme c'est le cas chez moi.  Ingéré en grande quantité, il est réputé avoir été mortel pour les chevaux.  Malheureusement, il ne semble pas avoir le même effet sur les marmottes...

Je lui trouvais, quoique beaucoup plus petit, un air de ressemblance, dans la forme de la fleur, avec la gueule-de-loup scientifiquement appelée muflier, mais cela fait moins image.  Les enfants aiment bien se saisir des deux parties de la fleur du muflier pour les transformer en mâchoires acérées.  Bienveillante imagination des chérubins aussi appelés pervers polymorphes par on sait qui...

Jugez par vous-mêmes...


sur une idée d'Amartia


                                                                       

mercredi 2 mai 2012

Muguet du premier mai...

Pour moi qui ne travaille pas depuis trois mois en raison de la grève estudiantine qui n'en finit pas de finir, la journée du premier mai a eu, cette année, une saveur particulière...

Par contre, la photo ci-dessous, faite tout à l'heure, en bordure de mon jardin, vous expliquera pourquoi le premier mai n'est pas associé, chez nous, au muguet.


Pour décrire cette photo, je laisse la parole à Colette, grande styliste que je révère entre toutes...

Ne cherche pas le muguet encore; entre deux valves de feuilles allongées en coquilles de moules, mystérieusement s'arrondissent ses perles d'un orient vert d'où coulera l'odeur souveraine.

Les vrilles de la vigne.

vendredi 27 avril 2012

Photo de la semaine (8) Le Jour de la Terre : 22 avril 2012 (b)



Comme je le disais dans mon précédent billet, les pancartes diversifiées que brandissaient les manifestants de dimanche créaient une sorte de télescopage de toutes les époques de l'histoire récente du Québec en rapport avec l'exploitation de nos ressources naturelles.

La plus éloquente est celle de  droite puisqu'elle montre le premier ministre actuel de la province en train de brader notre territoire pour le compte d'une célèbre maison de courtage immobilier très présente dans le paysage.

À gauche, les alpinistes de Greenpeace ont escaladé une façade pour aller tendre cet immense pastiche de la toile de Delacroix intitulée La Liberté guidant le peuple.  


Mais le message le plus éloquent, à tout le moins pour les gens, comme moi, plus âgés, est celui qui recouvrait un panneau de circulation.  Je l'ai placé au centre du montage.  Duplessis fut premier ministre du Québec de 1936 à 1939, puis de 1944 à 1959.  Synonyme de corruption, son gouvernement fut aussi marqué par la vente du minerai de fer à trois sous la tonne aux Américains.  Demander que Duplessis vienne nous sauver de Charest, c'est donc affirmer que le gouvernement de ce  dernier est pire que celui de Maurice Duplessis.  Accusation de taille.

La mort de Duplessis, en 1959, a été immédiatement suivie par la mise en branle de la Révolution tranquille qui a façonné le Québec moderne. Le gouvernement libéral entreprit, entre autres, la nationalisation de l'électricité, source d'énergie renouvelable abondante au Québec en raison de l'omniprésence des cours d'eau.  C'est le slogan : «Maîtres chez nous!» qu'utilisa Jean Lesage, premier ministre libéral, pour vendre l'idée de cette nationalisation qu'orchestra, entre autres, René Lévesque, premier ministre marquant dont le retour serait plus souhaitable que celui de Duplessis!


La rubrique «la photo de la semaine» a été lancée par Amartia


mercredi 25 avril 2012

Le Jour de la terre : 22 avril 2012 (a)



Printemps érable, cela vous rappelle quelque chose?

Certes, nous n'avons pas de dictateur à renverser, plutôt un charmant (!) clown dont les boutades mal venues ont traversé l'Atlantique à la vitesse de la lumière grâce à Youtube, mais tout de même : la grève estudiantine qui entre dans sa onzième semaine, la vente de nos ressources naturelles à des prix défiant toute concurrence,  les minières qui veulent exploiter les gaz de schiste sans tenir compte des retombées sur l'environnement, le retrait du Canada du protocole de Kyoto...

Il n'en fallait pas plus, la cour étant déjà pleine, pour que des artiste se mobilisent, avec à leur tête, le metteur en scène Dominic Champagne, et appellent à la plus grande manifestation que le Québec ait connu pour la Journée de la Terre dimanche dernier.  Et leur appel a été entendu! Plus de 250 000 personnes ont participé à ce rassemblement qui n'a guère été relayé par les médias puisqu'il est demeuré parfaitement pacifique...

Des Québécois de toutes les générations se sont donc retrouvés à la Place des spectacles pour se rendre ensuite au pied du Mont-Royal où ils ont formé un arbre gigantesque comme vous le verrez sur la vidéo que vous trouverez à cette adresse http://vimeo.com/40837456 Je vous conseille toutefois d'en couper le son lorsque vous la regarderez, car le bruit de l'hélicoptère qui a servi aux prises de vue n'est pas particulièrement harmonieux contrairement au rythme produit par les percussionnistes endiablés arborant la couleur de ce printemps : le rouge des étudiants contre la hausse!



Je ne dois pas être la seule à attendre les retombées de pareil évènement...

Le télescopage des diverses générations était particulièrement sensible à travers les pancartes que je vous présenterai en guise de photo de la semaine si je réussis à en faire un montage intéressant!



vendredi 20 avril 2012

Photo de la semaine (7) : Valpiana




Lorsque l'on est soi-même photographe, on passe rarement devant la caméra.


Ce n'est pas que je sois particulièrement égocentrique, mais, comme j'ai encore été un peu limitée dans mes déplacements à pied pour des raisons qui m'embêtent suffisamment, dans le quotidien, pour que je n'aie pas envie qu'elles envahissent mon blog, je vous offre, en guise de photo de la semaine, un très ancien portrait qu'a fait une amie devenue depuis photographe.


C'était dans les pré-Alpes bergamasques, à Valpiana pour être exacte, et je devais avoir vingt-deux ou vingt-trois ans.


Comme je l'ai signalé à Patrizia en lui montrant cette photo qu'elle avait depuis oubliée, elle avait déjà l'art de saisir l'essence d'un personnage.


Si vous avez envie de feuilleter quelques-uns des albums de Patrizia Genovesi, vous pouvez vous rendre sur le site suivant : http://controcanto.wordpress.com/

J'oubliais presque d'indiquer qu'Amartia est à l'origine de cette initiative...



vendredi 13 avril 2012

Photo de la semaine (6) : ma marmotte!!!

Ennemie publique numéro 1


Photo sans beaucoup de panache; petite bête sympathique, sans plus...

Détrompez-vous : C'EST UNE HORREUR!!!

Vous savez que j'aime assez les animaux et que je suis même prête à beaucoup de sacrifices pour rendre agréables les dernières années de mon grand chien...

mais ELLE!!! je l'assommerais, je l'écartèlerais, puis je la ferais rôtir à la broche!

ELLE a :

1) percé le tuyau que mon père avait installé autour de la maison pour ne pas que l'on ait trop de kilomètres à faire avec les arrosoirs;

2) failli me faire mourir de peur alors qu'elle se prélassait sur MA galerie arrière sans vergogne et m'a montré les dents lorsque j'ai simplement voulu rentrer chez moi;

3) taquiné mon grand chien qui aimerait tout autant que moi lui mettre la patte dessus;

4) creusé des trous, que dis-je, un labyrinthe sous mon épinette que je m'attends à voir s'enfoncer dans le sol d'un jour à l'autre....

Je l'HAÏÏÏÏÏÏÏÏÏÏÏS, prononcer, s'il-vousplaît, avec diphtongue à la québécoise!

C'était ma photo de la semaine...

sur une initiative d'Amartia...


lundi 9 avril 2012

Balade au jardin...




Vendredi matin, mes nièces, ma tante et moi avons vainement attendu Michelaise qui avait pourtant promis d'être là à neuf heures.  Après un quart d'heure d'attente, il a bien fallu se résoudre à partir, car, vendredi saint aidant, nous craignions abondance de la foule si nous tardions trop.

Cette année, le Jardin Botanique de Montréal a divisé l'espace papillonesque en deux : une serre pour les papillons de jour et une autre pour les papillons de nuit.  Entre les deux, le parcours dans les serres d'orchidées, de plantes comestibles, de cactus et de bonsaïs.

Il faut dire que notre Jardin botanique est assez étendu.  C'est le second en importance après les Jardins royaux de Kew à Londres.  Né quelques jours après ma mère, en 1931, il se retrouvera peut-être dans ma cour arrière lorsque je me déciderai enfin à déménager, car je ne pourrai jamais abandonner complètement la verdure.

Portion centrale du bâtiment d'accueil

Les années trente marquent l'apogée de l'art déco et le pavillon central qui recèle les aires d'accueil et de conseil reflète le style de cette période.  Mais je reviendrai une autre fois plus en détail à l'histoire du jardin, car, pour l'heure, nous voulons surtout nous aventurer à la chasse photographique des papillons.

J'ai transmis à mes nièces ma passion photographique et chacune y va donc de ses clichés à défaut de pouvoir apprivoiser la gent ailée! Car Audrey et encore plus Claudie se sont copieusement aspergées de parfum sucré et vêtues de couleurs voyantes dans l'espoir d'attirer quelques papillons qui les prendraient pour de gros fruits odoriférants!!! Les années se suivent et ne se ressemblent pas : lors de sa première visite, ma filleule avait hurlé de terreur lorsqu'un papillon avait eu l'outrecuidance de se poser sur son minois! Elle avait, faut-il le préciser, quelques années de moins!!!



Elles repartiront sans avoir eu la visite des papillons, mais avec de belles couleurs dans leur appareil et le désir de revenir l'an prochain.

Voici donc quelques-uns de ces spécimens dûment identifiés pour que Michelaise soit elle aussi attirée et ne nous fasse plus faux bond la prochaine année!

Morphos bleus (forêts tropicales d'Amérique du sud et d'Amérique centrale)

Actias selene ou papillon lune (il habite sur une bonne partie du continent asiatique)

Caligo Memnon ou papillon-chouette (originaire des forêts du Mexique ou de l'Amazone)
Papillon Lowi aussi appelé le grand Mormon jaune !

Idea Leuconoe ou grand planneur (papillon originaire des Philippines)